dimanche 7 juin 2009

Intermède : Le Nouvel Avocat

Tel un Jean de la Fontaine moderne, Franz Kafka a écrit plusieurs récits animaliers, où l’on trouve entre autres une coquerelle géante, une souris cantatrice, un singe érudit, des

chacals parlants, une taupe claustrophobe et un cheval avocat.

Le cheval en question n’est nul autre que Bucéphale, ancien cheval de bataille d’Alexandre le Grand, toujours vivant après plus de vingt-deux siècles, qui a délaissé la fureur des combats pour endosser la toge de l’avocat et se consacrer dans le calme à l’étude des livres de Droit.

Il s’agit d’un très court texte – à peine deux pages – que j’ai décidé d’adapter, d’abord parce que je le trouvais fascinant, ensuite pour remplir une promesse que je m’étais faite à moi-même, ainsi qu’à Stanley Wany, éditeur du magazine Trip dans lequel la BD devrait paraître en septembre.

En fait, j’avais fait l’adaptation, le scénario et les esquisses il y a deux ans, dans le cadre d’un cours que je donnais à l’UQO, et je n’aime pas laisser traîner des projets au fond d’un tiroir.



La scène se passe dans le hall d’un Palais de Justice intemporel, aux allures de musée. Pour me documenter, je me suis donc replongé brièvement, comme Bucéphale dans les livres de Droit, dans l’étude de l’Antiquité classique, de l’architecture, de la sculpture et de l’art équestre.



Je cite notamment dans la BD une célèbre mosaïque trouvée à Pompéi et représentant Alexandre à la bataille d’Issos (333 avant J.C.).

Pour dessiner les quatre pages du Nouvel Avocat, j’ai dû évidemment mettre momentanément de côté L’Amérique ou le Disparu. Mais ça n’est pas perdu : je pourrai toujours les inclure comme prologue à l’album. Il n’y a pas vraiment de rapport entre les deux histoires, sauf que :

- il s’agit dans les deux cas d’une adaptation d’un texte de Kafka.

- le personnage principal de L’Amérique se nomme Karl Rossmann. En allemand, «Rossmann» signifie «Homme-cheval».

- dans le hall du Palais de Justice, on aperçoit une statue de la Liberté tenant une épée au lieu d’un flambeau, tout comme à la première page de L’Amérique.



2 commentaires:

  1. monsieur le chien8 novembre 2009 à 14:27

    Putain, c'est du beau boulot que vous faites.

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  2. Excellente idée que d'illustrer cette sibylline nouvelle.

    Martin Aquilina

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